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Les musiques traditionnelles | Véritables emblèmes des droits culturels

Les musiques traditionnelles © William Windrestin

Bien plus qu’un héritage du passé, les musiques traditionnelles continuent à rassembler les générations et faire vibrer les territoires. En Nouvelle-Aquitaine, l’UPCP Métive et le CRMTL œuvrent sans relâche pour transmettre et valoriser ce patrimoine vivant. À l’occasion d’un grand bal organisé à la Scène nationale d’Aubusson, nous avons échangé avec Ricet Gallet, chargé de la direction stratégique et politique du Centre Régional des Musiques Traditionnelles en Limousin.

Le Centre Régional des Musiques Traditionnelles en Limousin est une association culturelle qui a pour objectif de valoriser et faire connaître le Limousin à travers les musiques traditionnelles. Véritable patrimoine culturel immatériel, les musiques traditionnelles véhiculent des valeurs communes et traduisent une réalité sociale, culturelle et économique d’un territoire. À ce titre, elles sont considérées comme un emblème des droits culturels car elles permettent à tout un chacun d’exprimer, de préserver et de transmettre son identité culturelle.

Musiques trad et droits culturels

Musiques trad et droits culturels

Les droits culturels reconnaissent à chaque personne le droit de participer à la vie culturelle de son choix, d’accéder à son patrimoine culturel, de transmettre sa culture à d’autres individus et de voir sa diversité culturelle respectée. Dans ce contexte, les musiques traditionnelles jouent plusieurs rôles :

  • Elles expriment l’identité des communautés : les chants, répertoires, instruments et styles musicaux traditionnels racontent l’histoire, les valeurs et la mémoire collective d’un groupe. Les pratiquer permet d’affirmer son appartenance culturelle.
  • Elles favorisent la transmission du patrimoine : les musiques traditionnelles sont souvent transmises oralement ou par la pratique. Leur apprentissage constitue un moyen concret de faire vivre le patrimoine culturel immatériel.
  • Elles garantissent la diversité culturelle : les droits culturels défendent la possibilité pour chaque culture d’exister et de s’exprimer. Les musiques traditionnelles contribuent à maintenir cette diversité au sein des musiques actuelles.
  • Elles créent du lien social : festivals, bals, etc. sont des moments où la musique rassemble les personnes et renforce le sentiment d’appartenance à une communauté.
La valorisation des musiques traditionnelles

La valorisation des musiques traditionnelles

Le Centre Régional des Musiques Traditionnelles en Limousin a plusieurs missions de défense et valorisation de ce patrimoine musical. D’une part, il promeut les musiques traditionnelles limousines par la pratique lors d’ateliers et cours d’instruments ou danses mais aussi lors d’évènements festifs tels que des bals et des festivals. Il inscrit également les musiques traditionnelles dans les parcours d’éducation artistique et culturelle et propose des formations et conférences thématiques.

D’autre part, le CRMTL a vocation à recueillir le patrimoine culturel issu des musiques traditionnelles. Une partie de ses activités est donc consacrée à nourrir le centre de ressource par le recensement des groupes et musiciens ainsi que par la collecte, la conservation et l’analyse des archives sonores, et tout autre document en lien avec les musiques traditionnelles. Toutes ces ressources collectées méritent d’être partagées et diffusées. Ainsi, l’association rend son fond documentaire accessible au public, via son site internet notamment, en produisant des articles thématiques spécialisés, des webdocumentaires, des chroniques, etc.

Enfin, le CRMTL est engagé dans la transmission des musiques traditionnelles et travaille à leur appropriation par la création artistique contemporaine. L’association propose une résidence d’artistes et un accompagnement en ingénierie culturelle (aide à la gestion sociale, administrative et juridique) pour les artistes seuls ou les collectifs.

Le saviez-vous ?
Le saviez-vous ?

Les musiques traditionnelles sont des musiques actuelles !

Pour les politiques culturelles françaises, les musiques actuelles désignent l’ensemble des musiques contemporaines, qu’elles soient amplifiées ou non, produites et diffusées. La diversité des esthétiques est très importante, allant des musiques du monde au rock en passant par le jazz, la variété, l’électro…
Les musiques traditionnelles ont été classées dans l’appellation musiques actuelles à la fin des années 1990. Issues des musiques de l’oralité, les musiques traditionnelles sont réinterprétées et utilisées dans la création contemporaine, justifiant pleinement leur appartenance à la grande famille des musiques actuelles.

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ReDisco pour des vinyles à l’infini

Vignette La FÉLIN © William Windrestin
Mis à jour le 19 août 2026

Plus d’1 million de disques recyclés en deux ans par ReDisco, la première filière de recyclage de vinyles !

ReDisco est un projet porté par La FÉLIN (Fédération nationale des labels et distributeurs indépendants). Né de la synergie entre trois structures (La FÉLIN, l’entreprise REVISPLAST et l’ESAT Les Ateliers vers l’Autonomie), ReDisco organise des collectes de disques partout en France pour ensuite en recycler les différents composants.

De la contrainte à une chaîne plus vertueuse

De la contrainte à une chaîne plus vertueuse

A l’origine de ce projet il y a la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC). Adoptée en 2020 en France, elle vise à réduire les déchets, favoriser le réemploi et mieux informer les consommateurs. Concrètement, pour les labels et distributeurs de vinyles, cette loi interdit la destruction des stocks invendus au profit de la revalorisation, réutilisation ou recyclage.
La FÉLIN, en tant que fédération de labels indépendants, a saisi l’enjeu d’une telle injonction et a créé ReDisco pour structurer et accompagner le recyclage des vinyles en France. Pour cela, elle s’est entourée de deux partenaires :

  • l’ESAT Les Ateliers vers l’Autonomie (près de Chartres) pour le démantèlement des disques et le tri des matériaux, favorisant ainsi l’inclusion sociale ;
  • et REVIPLAST (Limoges), société spécialisée dans le recyclage du plastique, pour transformer les disques en granulés de plastique qui servent ensuite à la création d’objets divers.

ReDisco est lancé en juillet 2023. Moins de trois ans plus tard, 1 239 279 CD et vinyles ont été collectés et recyclés. Cela représente une économie de près de 410 tonnes de CO2, soit l’équivalent de 3,4 millions de km parcourus en voiture (85 fois le tour de la Terre) ou encore 150 millions d’albums écoutés sur une plateforme de streaming !

Toujours plus pour faire tourner le vinyle durablement

Toujours plus pour faire tourner le vinyle durablement

ReDisco organise le recyclage des disques mais ne contrôle pas le réemploi des granulés de plastique obtenus qui sont réinjectés dans différentes chaînes de production. Or, La FÉLIN souhaite boucler la boucle en proposant le re-vinyle : un vinyle conçu à partir d’anciens vinyles ! Les premiers re-vinyles existent. Véritables objets uniques, ils permettent de réduire considérablement la production de plastique mais surtout ils sont une alternative durable et responsable pour les artistes, labels et fabricants.

Et après ?

ReDisco s’adresse principalement aux professionnels de l’industrie musicale mais pourrait bientôt s’ouvrir aux particuliers. Amateurs et collectionneurs, suivez l’actualité de ce projet pour faire vivre vos vinyles à l’infini !

La FÉLIN, c’est quoi ?
Logo La FÉLIN
La FÉLIN, c’est quoi ?

La FÉLIN est la Fédération nationale des labels et distributeurs indépendants. Elle est née à Bordeaux en 2009 de la volonté de trois labels indépendants de se fédérer pour mieux faire entendre leur voix à l’échelle nationale. Talitres, Vicious Circle et Platinum Records.
La FÉLIN compte près de 400 acteurs de la filière musicale indépendante parmi ses adhérents. Elle porte plusieurs engagements dont la valorisation des labels indépendants, la représentation de leurs intérêts au niveau national, la coopération avec les autres professions et l’accompagnement de ses adhérents.

La fédération porte également des projets structurants pour la création indépendante tels que Indies First, MEWEM ou ReDisco.

Les projets en bref :

||| Indies First est un projet de valorisation de création musicale indépendante qui se déroule tous les ans en octobre. Les disquaires de toute la France sont invités à voter et sélectionner les 30 dernières sorties indés parmi les catalogues des 400 adhérents de La FÉLIN, et ainsi créer une playlist annuelle de sons indés.

||| MEWEM est un programme pionnier lancé par La FÉLIN en 2018 qui vise à accompagner par le mentorat les femmes entrepreneuses de l’industrie musicale.

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Les Francofolies | Vers un modèle éco-responsable

Les Francofolies

Le festival des Francofolies engage une démarche environnementale d’ampleur  sur plusieurs années, à commencer par la une plus grande sobriété énergétique, une gestion des déchets améliorée et un travail sur la mobilité.

Les Francofolies (La Rochelle en Charente-Maritime) est un festival de musique francophone. Le dernier « challenge » des équipes : transformer le modèle des Francofolies, pour en faire un évènement responsable et durable, tout en conservant son identité artistique et culturelle. C’est avec les valeurs de diversité, de respect, de solidarité et de partage que les Francofolies sont certifié ISO 20121 et définissent une politique RSE.

Le projet éco-responsable du festival

Interview en 3 questions

Le festival affiche une démarche environnementale. Quelles sont les actions déployées pour réduire l’empreinte carbone d’un festival d’une telle ampleur ?

Pour les Francofolies, la réduction de notre empreinte carbone est l’une des priorités de notre démarche environnementale. Nous sommes activement engagés pour le développement de solutions de mobilité durable dédiées aux festivaliers, aux équipes et aux artistes. Rien n’est possible dans ce domaine sans une collaboration étroite avec les collectivités territoriales. C’est pourquoi nous travaillons, d’une part avec la Région Nouvelle-Aquitaine à une offre tarifaire attractive pour les trajets en TER et à la mise en place de lignes de bus régionaux vers 36 destinations pour le retour après les concerts, et d’autre part, avec la Communauté d’agglomération de La Rochelle, au prolongement des lignes de bus, à la mise en place d’un parking de co voiturage gratuit et réservable,
et des parkings à vélos.

Parmi la mise en place d’une alimentation durable et la réduction des consommations d’énergie, quel est le sujet le plus simple à appréhender ? Et a contrario, celui qui vous semble le plus difficile ?

Pour tendre vers une alimentation durable, le sujet le plus simple à appréhender est celui de la végétalisation de l’alimentation. A contrario, le sujet le plus difficile est d’augmenter l’utilisation de production locale car cela dépend de la capacité et de la diversité de cette dernière.

Pour réduire la consommation énergétique, la première action est d’équiper de leds les éclairages scéniques, publics et techniques. Quant au plus difficile, c’est d’anticiper et de limiter les besoins de chaque scénographie.

Sensibilisez-vous les équipes sur le festival à ces questions environnementales ?

Aux Francofolies toutes les équipes sont salariées. Nous embauchons plus de 450 personnes chaque année pour l’organisation du festival.
L’ensemble des personnels est sensibilisé et formé aux questions environnementales, notamment via des temps dédiés, des référents sur les différents sites ayant la maitrise de nos enjeux, et de quatre newsletters présentant, à l’ensemble des employés, nos actions, nos flux de tri des déchets.
A titre d’exemple, une équipe de 25 personnes est mobilisée pour la sensibilisation des festivaliers, la mise en place du tri et du sur tri.

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Lovely Brive Festival | Un festival engagé

Lovely Brive Festival
Mis à jour le 24 juin 2026

Le Lovely Brive Festival met en place de multiples actions en direction de la sobriété énergétique, de la gestion des déchets et de la mobilité.

Le Lovely BRIVE FESTIVAL (Brive-la-Gaillarde en Corrèze) est un festival féminin et engagé. Il s’agit du premier festival urbain aux portes du Sud-Ouest avec une programmation composée à 75 % d’artistes féminines en 2026. Il est aussi engagé dans une démarche écologique sur 4 grands axes de travail.

Un festival attentif à l’empreinte carbone

Interview en 3 questions

Quelles sont les actions déployées pour réduire l’empreinte carbone d’un festival d’une telle ampleur ?

Nous mettons en place de multiples actions sur quatre grands axes de travail.

Une énergie toujours plus verte : nous avons fait le choix d’une énergie verte et locale issue des barrages de la Corrèze.
Mobilité : plusieurs partenariats, à différentes échelles, ont été engagés pour offrir des solutions aux festivaliers et aux équipes techniques. Partenariat national avec Intercités, régional avec Blablacar et local à l’échelle de l’agglo avec Guidolin.
Gestion des déchets : le meilleur déchet c’est celui qu’on ne produit pas ! Pendant le festival c’est 16 tonnes de déchets traités et triés et une économie de 170 000 litres d’eau avec le choix des toilettes sèches.
Aménagement et réemploi : un important travail est engagé avec la Ville pour aménager le site pendant le festival de façon durable et responsable. Quant aux décorations et aux scénographies, elles sont travaillées à partir de matériaux recyclés.

En plus pour 2026, nous venons d’ajouter 2 nouveaux partenaires : Zéro déchet et Agir pour le Coeur des Femmes.

Est-ce que cette démarche environnementale a nécessité (ou nécessite toujours) des compétences nouvelles au sein de votre équipe ?

Oui, nous avons en effet désigné une personne référente au sein de l’équipe. Celle-ci s’attache à intégrer des réflexions et démarches pour réduire au maximum nos impacts et intègre cela à chaque action mise en place.

Sensibilisez-vous les bénévoles sur le festival à ces questions environnementales ? ?

Nous n’avons pas de bénévoles (entreprise privée) mais avons des salariés et des saisonniers en CDDU. Nous les sensibilisons et nous organisons notamment une réunion de briefing avant chacun de nos festivals lors de laquelle nous rappelons nos engagements et les actions liées (consignes de tri des déchets, scénographies upcyclées, emplois de prestataires locaux, valorisation des mobilités douces…).

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Trajectoires #3 | Producteur de spectacle

Mis à jour le 17 décembre 2025

Bertrand Mougeot, directeur et producteur à Limouzart nous explique ce qu’est le métier de producteur de spectacle en musiques actuelles.

Trajectoires est une série du magazine culturel de la Région Nouvelle-Aquitaine dédiée aux parcours des acteurs culturels du territoire. Sous forme de courts épisodes, vous rencontrerez des artistes mais aussi des acteurs de l’ombre qui vous dévoileront leur parcours (formation, métier, réseau…).

Episode 3

Dans ce troisième épisode de la série Trajectoires, nous abordons comment développer la carrière d’un artiste, quelles compétences déployer et le modèle économique de ce métier.

Pour en parler, nous avons interviewé Bertrand Mougeot, directeur et producteur à Limouzart, en Limousin.

Limouzart

Limouzart est une société de production et de tournée d’artistes créée en 2009, dans le département de la Haute-Vienne. Elle a été fondée pour accompagner et développer les projets d’artistes de musiques actuelles d’expression francophone. À l’origine focalisée sur des artistes du Limousin, Limouzart a ensuite élargi son catalogue en accompagnant des artistes nationaux et internationaux (Suisse, Canada, etc.).

Limouzart accorde une importance particulière aux relations humaines, privilégiant une approche artisanale et de proximité avec les artistes et partenaires. Cela se reflète également dans la forme juridique de la société : une SCOP (Société Coopérative et Participative) où les salariés sont associés et participent à la gouvernance de l’entreprise.

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Vicious Circle | le label qui croit au vinyle

© Vicious Circle
Mis à jour le 02 mars 2026

Depuis plus de trente ans, le label bordelais Vicious Circle trace son chemin dans le paysage musical indépendant français. Dans un marché où le streaming domine et où les coûts de production ne cessent d’augmenter, le label continue d’accorder une place centrale au vinyle. Un choix assumé, réfléchi, et profondément ancré dans son identité.

Le vinyle comme marque de fabrique

Le vinyle comme marque de fabrique

Fabriquer un vinyle coûte en moyenne cinq euros pièce pour un tirage standard de 500 exemplaires. Pour réduire ces coûts, Vicious Circle mise régulièrement sur des pressages plus importants, entre 1500 et 2000 unités. Chaque quantité est pensée en amont, projet par projet, afin de limiter les invendus.
Même si les années 2000 et 2010 ont marqué une période de recul — tous les groupes ne bénéficiaient plus systématiquement d’un pressage — le vinyle n’a jamais disparu du catalogue. Au contraire, il a retrouvé depuis 2015 une croissance continue, alors que les ventes de CD n’ont eu de cesse de diminuer.

Un objet qui dépasse la musique

Un objet qui dépasse la musique

Pourquoi maintenir le vinyle malgré les coûts ? Pour Vicious Circle, la réponse tient à plusieurs niveaux.
D’abord, il s’agit de proposer plusieurs formats à prix accessibles, autour de 17 euros. Ensuite, c’est l’attachement à l’objet qui guide le label : travail sur les couleurs, éditions limitées, distinction entre vinyles noirs (destinés aux grandes chaînes) et vinyles couleurs (réservés aux disquaires indépendants et à la vente directe). Les éditions limitées à 100 exemplaires ne sont pas repressées, renforçant leur caractère précieux.

Aussi, les esthétiques défendues par le label — rock indépendant et ses nombreuses déclinaisons — se prêtent parfaitement au son vinyle. Et même si certains n’écoutent le disque qu’une fois avant de retourner au streaming, le physique reste une source majeure des revenus du label.

« Le rock indé ne se stream pas beaucoup. »

Guillaume Le Collen, responsable promotion et production chez Vicious Circle –

Vicious Circle est également présent dans le paysage culturel toulousain à travers son propre disquaire, offrant un lien privilégié avec un réseau de distribution indé, loin des grandes chaînes.

À cela s’ajoute le rôle essentiel de l’image : devenu objet de collection, le vinyle est aujourd’hui un support de visibilité important. L’image a de l’importance : une belle pochette circule mieux, attire, existe sur les réseaux sociaux et chez les disquaires. Dans un secteur où la visibilité est devenue une forme de monnaie, le visuel compte presque autant que le son.

Le vinyle oui, mais pas au détriment de l’environnement

Le vinyle oui, mais pas au détriment de l’environnement

Dans leurs tous nouveaux locaux dans le quartier Saint-Seurin à Bordeaux — qu’ils partagent avec deux autres labels — nous sommes loin des entrepôts géants où les palettes s’empilent. Ici, les vinyles ne restent jamais longtemps. La plupart partent directement chez les distributeurs, en France et en Europe, dès la sortie du pressage ; d’autres sont envoyés aux groupes qui partent en tournée et la partie restante se partage entre les rayonnages derrière les bureaux des salariés et un garage qui leur sert de lieu de stockage. Une manière de limiter les transports inutiles et de réduire la taille des stocks.

Le label a également fait le choix stratégique de s’associer avec deux autres structures pour acquérir une presse commune chez Vinyl Records Makers (VRM) à Châtellerault. Cette proximité avec l’usine permet d’affiner les besoins, de fluidifier la communication, et de réduire les coûts de pressage et de transports.

Une production plus vertueuse

La partie la plus polluante actuellement reste la fabrication des matrices, nécessitant l’usage de bains chimiques. Outre le transport et le stockage, la production du vinyle en lui-même a forcément un impact environnemental non négligeable. Vicious Circle y est attentif et travail avec des partenaires qui s’engagent dans une production plus vertueuse. Chez VRM (société de pressage), toute la chaîne de production est européenne, à l’image des impressions qui sont réalisées en Allemagne auprès d’un imprimeur engagé dans une démarche zéro déchet. De plus, le PVC utilisé pour les disques a évolué : les stabilisants au plomb ont été remplacés par des solutions biosourcées.
S’il reste du chemin à parcourir, la filière travaille activement à réduire son empreinte carbone, tout comme pour les CD dont les boîtiers contiennent désormais moins de plastique, voire plus du tout chez Vicious Circle.

ReDisco : recycler plutôt que stocker

Avec 32 ans d’existence, le label a dû apprendre à gérer des stocks parfois importants. Pour limiter la perte, les quantités de pressage sont optimisées, et Vicious Circle a participé à plusieurs éditions du projet ReDisco, porté par La FÉLIN, dédié au recyclage des vinyles.

Les postes d’émissions du secteur des musiques enregistrées

Situons à présent l’impact du vinyle dans les différents postes d’émissions de gaz à effet de serre des musiques enregistrées. Le rapport REC « Réduisons notre empreinte carbone » — porté par le CNM, le SNEP, l’UPFI et le SMA — publié en septembre 2024, stipule que l’ensemble des émissions du secteur s’élevait à 2 780 ktCO₂e en 2022. Si la fabrication du vinyle et sa distribution ont un impact certain, ces deux postes d’émission sont tout à fait marginaux sur la globalité du secteur : moins de 2% seulement.

Visuel qui représente un graphique sous forme de camembert avec les données suivantes : 74% fabrication et consommation d'énergie des terminaux d'écoute ; 22% distribution digitale ; 2% production de musique ; 1% fabrication et fin de vie des supports ; <1% distribution physique.

L’écoute de la musique sur les supports numériques est extrêmement énergivore. L’écoute sur support physique n’est pas sans impact pour autant car elle nécessite l’utilisation de terminaux plus spécifiques (lecteur CD, platine vinyle…). Ses émissions sont moindres car le volume d’écoute est plus faible par rapport au digital.
Toutefois, si l’on regarde les émissions liées aux supports d’écoute, on constate que pour une heure d’écoute le vinyle est le plus émetteur de tous (en comparaison au téléchargement, à l’audio, la vidéo, la radio, la télévision et au CD). La fabrication et la fin de vie des platines est la partie la plus émettrice, suivie de la fabrication et fin de vie du vinyle en lui-même et enfin de sa distribution.


Le saviez-vous ?

Un acteur fédérateur du secteur indépendant

Philippe Couderc, fondateur de Vicious Circle en 1993, a toujours défendu une vision collective du métier. Il a contribué à impulser des structures majeures telles que Le RIM (Réseau des indépendants de la musique) et La FÉLIN (Fédération Nationale des Labels et Distributeurs Indépendants). C’est donc tout naturellement que l’équipe actuelle de Vicious circle continue de participer à ces dynamiques fédératrices. La volonté de mutualiser les forces et de défendre les valeurs du secteur indépendant fait partie de l’ADN du label.

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Projet soutenu / PopNum

TXAPTRAX | projet soutenu

AdobeStock #263259554 par JaviSIfoto
Mis à jour le 12 septembre 2025

Txaptrax c’est la rencontre entre la performance de la txalaparta (instrument de musique basque) et l’utilisation de la musique électronique.

TXAPTRAX c’est la rencontre de l’organique et de l’électronique afin de créer une musique techno qui est propre à notre histoire ; une techno basée sur les phrases rythmiques de la txalaparta.

Chaque planche de txalaparta est connectée via un dispositif à différents synthétiseurs analogiques et vidéos, et les artistes construisent ensemble une pièce d’électroacoustique de haute intensité en montant petit à petit vers une musique électronique, puis vers une techno acide et transe variant entre plusieurs influences (James Holden, Oneothrix Point Never, Plastikman, Phuture, Drexcya, Nick Skitz…).

C’est le jeu et le tempo de la txalaparta qui invente cette musique.

Le saviez-vous ?

La txalaparta (prononciation API : [tʃaˈlapaɾta] ou [tʃalaˈpaɾta]) est un instrument de musique basque. C’est un instrument de percussion traditionnel proche du xylophone ou du balafon, mais avec une technique de pilon (les bâtons sont tenus verticalement).

Claviers analogiques : Pierre Loustaunau / Peio Erramouspe
Txalaparta : Bixente Etchagaray / Txomin Dhers
Scénographie interactive : Youri Fernandez

« TXAPTRAX » est lauréat de l’appel à projets 2024 du dispositif Cultures Connectées.

En savoir plus
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SMAC pour tous, tous pour les SMAC !

vignette SMAC © William Windrestin

La Nouvelle-Aquitaine compte 14 SMAC (Scènes de Musiques Actuelles) sur son territoire (15 depuis septembre 2025), dont les deux premières structures de France à avoir reçu ce label !

Le label SMAC succède au dispositif les « Cafés-musique », en 1996. Il s’agit d’un label du Ministère de la Culture qui repose sur un cahier des charges précis. Avec ce dispositif, l’Etat souhaite travailler un maillage territorial important pour une diffusion des musiques actuelles sur l’ensemble du territoire national ; l’objectif étant d’aboutir à une scène labellisée par département.

Frise chronologique SMAC Nouvelle-Aquitaine / infographie Laurence Navarro-Hantz
Les SMAC en Nouvelle-Aquitaine

Les SMAC en Nouvelle-Aquitaine

Entretien croisé

Entretien croisé

Mathilde Coupeau, directrice de Nage libre, Delphine Tissot, directrice de L’Inconnue et Rémi Chastenet, directeur du Sans Réserve, partagent leur expérience et réflexions dans un entretien croisé. Ils évoquent le lien entre les équipes d’une SMAC, les artistes et les habitants mais aussi de coopération et de transition écologique.

Qui sont-elles ?

Qui sont-elles ?

A ce jour, en juin 2025, 14 structures de musiques actuelles sont labellisées SMAC en Nouvelle-Aquitaine. En ville ou à la campagne, elles partagent les mêmes missions « socles » imposées par le label mais se différencient par plusieurs aspects. Certaines, à l’image de Nage libre à Poitiers, ont fait le choix de promouvoir une seule esthétique musicale, ici les musiques expérimentales. D’autres, mêlent musiques et arts visuels, à l’instar du Confort moderne qui partage des projets avec la Fanzinothèque (sa voisine) et propose des expositions dans ces murs.

Toutefois, malgré des projets propres à chaque structure, les SMAC de Nouvelle-Aquitaine partagent des réflexions communes et se fédèrent autour de réseaux (le RIM) ou syndicats (SMA).

Logo du CaféMusic
Le CaféMusic labellisé

Le CaféMusic, salle de concerts à Mont-de-Marsan, dans les Landes, a obtenu le label SMAC en septembre 2025. La nouvelle est tombée 1 an après la réouverture du CaféMusic qui avait connu une période de travaux pour moderniser sa salle, accueillir de nouveaux studios de répétitions et des salles de formation, incluant un pôle dédié au numérique.

Une histoire qui continue de s’écrire

Une histoire qui continue de s’écrire

Les deux première scènes à avoir reçu le label SMAC dans les années 90 se situent toutes deux en Nouvelle-Aquitaine : Le Florida à Agen fut la première, suivie de peu par la Rock School Barbey à Bordeaux.

La frise chronologique permet de comprendre le maillage de ces scènes de musiques actuelles qui s’est tissé au fur et à mesure par département puis au sein de la grande région.
Actuellement, une nouvelle SMAC est en cours de préfiguration. Il s’agit d’une SMAC un peu particulière car elle ne sera pas implantée sur un seul lieu principal mais devrait être une SMAC regroupant plusieurs scènes du territoire en un même projet commun. Celle-ci travaillera dans le département de la Creuse, dépourvu jusqu’à présent de scènes labellisées.

Le saviez-vous ?
Le saviez-vous ?

96 structures sont aujourd’hui reconnues par le label « Scènes de Musiques Actuelles » sur l’ensemble du territoire français, aussi bien en milieu urbain que rural.

Elles remplissent trois grandes missions :
||| la création, la production et la diffusion de musiques actuelles ;
||| l’accompagnement des pratiques musicales, qu’elles soient professionnelles ou amateurs ;
||| le développement d’actions culturelles.

À ce titre, les SMAC proposent une programmation régulière de concerts couvrant l’ensemble des esthétiques des musiques actuelles. Certaines peuvent se concentrer sur une esthétique singulière tandis que d’autres ont une programmation plus hétéroclite.
Elles soutiennent également la création artistique en mettant en avant des artistes émergents mais aussi en offrant des espaces de répétition, des résidences artistiques, ainsi que des formations ou conseils adaptés aux besoins des artistes.
Enfin, elles mènent des actions culturelles sur leur territoire, favorisant l’implication des habitants dans la vie artistique et culturelle de la structure.

A partir de ces trois axes, les structures labellisées « Scène de Musiques Actuelles-SMAC » définissent leur projet en fonction de leur environnement, des bassins de vie et des moyens dont elles disposent.

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Le Syndicat des Musiques Actuelles (SMA)

SMA (Syndicat des Musiques Actuelles)
Mis à jour le 15 juillet 2025

Créé en 2005, le SMA est le syndicat de la filière des musiques actuelles. Il rassemble aujourd’hui plus de 600 entreprises et fête ses 20 ans cette année !

Le SMA représente des festivals, des salles de concerts (dont les salles labellisées SMAC par l’État), des producteurs de spectacles, des producteurs de disques (labels), des centres de formation ou encore des radios, ainsi que des fédérations et réseaux.

Les structures adhérentes, indépendantes et en grande partie associatives, partagent un engagement commun en faveur de l’intérêt général et de la diversité. Elles soutiennent notamment la création artistique et l’accès à la culture pour tous, tout en affirmant un modèle économique à lucrativité limitée.

Le rôle du SMA

Le rôle du SMA

Comme tout syndicat, le SMA a pour mission de porter des projets qui bénéficient à l’ensemble de la filière, d’œuvrer pour une meilleure reconnaissance du secteur et de ses professionnels. Ainsi, il travaille sur les enjeux propres aux métiers des musiques actuelles, tels que la formation, la prise en compte des transitions écologiques et sociétales, les droits culturels, etc.

Voici quelques exemples des engagements du SMA :

  • négocier les conventions collectives (CCN EAC – Entreprises artistiques et culturelles, CCN SVP – Spectacle vivant privé et CCN EP – Édition phonographique) ;
  • siéger au Centre National de la Musique (CNM) au sein de chacune des commissions, ainsi qu’au conseil d’administration et au conseil professionnel ;
  • siéger dans les instances relatives à la formation professionnelle (Afdas, CPNEF-SV, CPC, COREPS, etc.) ;
  • siéger à la Caisse des Congés Spectacles, à Audiens, à AGI-SON ;
  • être membre de l’UFISC qui rassemble 18 organisations professionnelles et représente plus de 2000 structures artistiques et culturelles ;
  • être membre de Tous Pour La Musique.

En 2024, le SMA a obtenu que plusieurs mesures en faveur de la filière des musiques actuelles soient intégrées à la loi de finances. Parmi ces mesures, citons notamment la revalorisation de l’aide financière aux SMAC à hauteur de 3 680 000 euros supplémentaires par an.

Les représentants néo-aquitains au SMA
Les représentants néo-aquitains au SMA

Le SMA est dirigé par un Conseil National composé de 40 membres qui élit en son sein un bureau pour gérer les affaires courantes.

La Nouvelle-Aquitaine est représentée par Mathilde Coupeau, directrice de la SMAC Nage libre à Poitiers. Mathilde Coupeau est également élue du bureau du syndicat, en tant que trésorière.

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Le Design énergétique® dans les lieux culturels

Le Design énergétique® dans les lieux culturels

Le Design énergétique® dans les lieux culturels : une méthode qui a fait ses preuves pour baisser les factures et s’engager dans la transition écologique !

La question de la transition énergétique dans les lieux culturels en Nouvelle-Aquitaine est portée, en premier lieu, par une mesure du contrat de filière Musique. Dès 2018, la Région et les autres partenaires du contrat de filière se sont associés à Incub’ pour expérimenter divers dispositifs en faveur d’une transition énergétique des lieux du secteur musical.

Ainsi, un premier appel à projets a été proposé aux opérateurs des musiques actuelles leur permettant un accompagnement sur mesure par Incub’, société qui a développé la Méthode de Design énergétique®. Le premier lauréat de ce dispositif a été la Nef (salle de spectacle dédiée aux musiques actuelles à Angoulême).

Présentation de la méthode

Présentation de la méthode design énergétique®

Retour d’expérience

Retour d’expérience

Depuis la première expérience réussie avec la Nef, d’autres lieux ont bénéficié de ce dispositif. C’est le cas du Rocher de Palmer, à Cenon, qui a vu ses consommations énergétiques baisser de 20% sur les 6 mois qui ont suivi l’intervention d’Incub’.

Le saviez-vous ?
Le saviez-vous ?

Installée à Fursac, en Creuse, Incub’ est une société spécialisée dans la Méthode Design énergétique®. Applicable à tous les secteurs d’activités, cette méthode est utilisée par Incub’ dans l’accompagnement proposé aux opérateurs culturels, notamment ceux du secteur musical, grâce aux mesures « Transitions énergétiques » du contrat de filière Musique en Nouvelle-Aquitaine.
La Méthode Design énergétique® a été élaborée au cours des années 2010 par Pascal Lenormand, au sein de Incub’. Elle s’appuie sur les connaissances, pratiques et outils issus de deux domaines : l’énergétique et les sciences comportementales, en particulier la psycho-sociologie des organisations, les dynamiques du changement, les sciences de la cognition et les dynamiques sociales.

||| En savoir plus : La Méthode Design énergétique®

Les nouvelles mesures de transition énergétique

Les nouvelles mesures de transition énergétique

Le contrat de filière Musique, en cours en 2025, a souhaité maintenir et poursuivre la première expérimentation de 2018. Ainsi, la mesure Transitions énergétiques vise à soutenir l’ensemble des acteurs souhaitant s’engager dans la transition énergétique de leur projet sur plusieurs niveaux complémentaires :

  • sensibilisation et formation ;
  • production et mise à disposition de ressources de référence ;
  • analyse personnalisée de la consommation électrique ;
  • accompagnement spécifique d’acteurs souhaitant approfondir leur transition.
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