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Le portrait de Samuel Périvier à Angles-sur-l’Anglin : une oeuvre inédite d’un général-sculpteur, devenu député, Eugène Riu

Médaillon figurant Samuel Périvier et portrait d'Eugène Riu.
Temps de lecture 5 minutes

Dans l’ancien cimetière Sainte-Croix d’Angles-sur-l’Anglin (Vienne), la sépulture de Samuel Périvier (1828-1902) offre au regard le portrait sculpté du défunt, qui a achevé sa carrière comme premier président de la Cour d'appel de Paris. Ce portrait est signé d’un sculpteur qui a étonnamment fait toute sa carrière dans l’armée et l’a achevée comme député de Blois, Eugène Riu, dit le général Riu (1832-1895).

Samuel Périvier : un magistrat aux convictions républicaines

Né le 20 septembre 1828 à Angles-sur-l’Anglin, Samuel Périvier a commencé ses études au petit séminaire de Montmorillon, puis les a poursuivies à la faculté de Droit de Poitiers. Avocat inscrit au barreau de la capitale poitevine de 1853 à 1870, il entre dans la magistrature au lendemain de la proclamation de la IIIe République par Léon Gambetta, le 4 septembre 1870. Nommé premier avocat général auprès de la Cour de Poitiers en octobre 1870, il devient procureur de la République à Besançon en février 1877. S’opposant à la dérive monarchiste du président de la République Patrice de Mac Mahon lors de la crise institutionnelle du 16 mai 1877, il donne sa démission en refusant d’être rétrogradé comme simple conseiller à la Cour de Caen. Néanmoins, à la suite de la chute du ministère de Broglie en novembre 1877, il revient aux affaires et est nommé procureur général à Lyon en février 1879. Il n’y reste que six mois, car il revient à son ancien poste à Besançon. En 1880, il entre à la Cour de cassation de Paris, puis devient procureur général à la Cour d’appel avant d’en devenir, le 12 avril 1883, le premier président.

Personnage proche des présidents de la République Jules Grévy, Sadi Carnot et Félix Faure, il a eu à présider, entre autres affaires, les audiences liées au scandale du canal de Panama en 1893 et celles du procès d’Emile Zola en 1898, au cours duquel l’écrivain est condamné pour diffamation après la publication de son article « J’accuse » en soutien à Alfred Dreyfus.

Nommé commandeur de la Légion d’Honneur en 1885, Samuel Périvier prend sa retraite le 20 septembre 1898 sur le grade ultime de premier président de la Cour d’appel de Paris, comme l’indique le médaillon placé sur sa tombe. Celui-ci a été réalisé en 1892, dix ans avant la mort de Périvier survenue le 25 novembre 1902, par un artiste républicain affirmé, Eugène Riu, dit le général Riu.

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