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Le Berceau des nymphéas : la maison Latour-Marliac

Mis à jour le 27 juin 2024

C’est à Joseph Bory Latour-Marliac, horticulteur du Lot-et-Garonne, que l’on doit la création des nymphéas de couleurs qui ont tant inspiré Claude Monet.

En 1875, Bory Latour-Marliac crée une pépinière au Temple-sur-Lot. Son premier objectif est de créer la plus grande collection de bambous d’Europe mais il se tourne ensuite vers un nouveau projet : hybrider les nénuphars rustiques alors qu’il n’en n’existait qu’une seule variété, celle d’une fleur blanche de 4 à 6 pétales.

Visuel en noir et blanc qui représente une pépinière avec des bassins

© Thierry Huau

Il croise la variété rustique blanche avec des variétés sauvages et crée 19 nymphéas hybrides dans 5 gammes de couleurs (blanc, rose, rouge, jaune pâle ou bleu).
Il les présente à l’exposition universelle de Paris de 1889 et il gagne le 1er prix. C’est à cette occasion qu’il rencontre Claude Monet qui s’en inspire, crée son jardin d’eau dans sa propriété de Giverny et y plante les créations de Latour-Marliac.

Visuel : © Thierry Huau

||| À consulter : « Impressionnistes anecdotes »

La pépinière change de propriétaire plusieurs fois après la mort de Bory Latour-Marliac. Labellisée « Jardin remarquable » depuis 2004, elle est ouverte au public et accueille 20 000 visiteurs par an.

La maison Latour-Marliac devient cabinet de curiosités

La maison Latour-Marliac devient cabinet de curiosités

Bory Latour-Marliac possédait une maison, non loin de la pépinière, dans le village du Temple-sur-Lot. La maison, avec sa serre et son bassin d’expérimentation, est inscrite au titre des Monuments historiques et labellisée « Maison des illustres ». Inhabitée depuis 15 ans, elle est rachetée en 2017 par Thierry Huau, paysagiste, urbaniste, ethnobotaniste et conférencier international, pour la sauver de la ruine.
Malgré une longue période d’inoccupation des lieux, la maison n’a subi aucune modification depuis la mort de Bory Latour-Marliac, en 1911. Après avoir remis en état les structures, les systèmes d’électricité, de chauffage et d’accès, Thierry Huau prend le parti de conserver le lieu tel qu’il était à ce moment-là, figé dans son état. La maison sera aménagée sans perdre sa patine, son esprit et l’ambiance de cette maison d’illustre où se sont retrouvés artistes, clients, botanistes et autres personnalités qui ont fait le développement économique industriel et culturel de cette période.

Les papiers peints du milieu du 19e siècle ont été préservés et, dans les parties disparues, Thierry Huau a fait réaliser par l’artiste Louise René des œuvres picturales illustrant le propos botanique et naturaliste du lieu.
Le rez-de-chaussée de la maison accueillera, dès l’été 2024, un cabinet de curiosités consacré aux « hybrideurs », ces personnalités du 19ème siècle à qui l’ont doit tous types d’inventions dans des domaines très variés.
Le projet restituera le bouillonnement artistique de cette période à travers divers thèmes :
  • l’horticulture : en présentant l’épopée d’horticulteurs qui ont créé au 19ème siècle ces dynasties qui vont faire l’horticulture de demain, par leur passion et leur imagination.
  • Les débuts du cinéma : par les objets présentés dans les boîtes de curiosités, par les textes des grands auteurs lus par les comédiens dont les voix rythmeront le parcours.
  • La musique si évocatrice des éléments de la nature.
  • La peinture avec des œuvres projetées sur les murs ou les plafonds, celles de Claude Monet et des impressionnistes particulièrement.
  • La photographie.
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